Le plan hiver dans l' Ain est en marche
Si Météo01 se prépare à la mise en place de son plan hiver, il n' est pas le seul bien évidemment. Le département de l' Ain s' apprête à faire de même tout comme les magsins sépcialisés en tous genres de produits. Il n' y a qu' à avoir déjà le nombre de bombes anti-givre qui se vendent au Centre Commercial Carrefour de Bourg !. De leur côté, les professionnels de la montagne dans l' Ain s' occupent des derniers dispositifs pour entamer une nouvelle saison; une nouvelle saison qui pourrait démarrer avant le mois de décembre habituel si la neige attendue se manisfeste réellement. Fin novembre 2008, le 26, toutes les stations de l' Ain avaient commencé à ouvrir des pistes.
Les modèles numériques nous prévoient une tendance à un hiver froid et difficile. Même sans ces hypothèses, les Conseils Généraux ont mis en place comme depuis 3 ans leur plan viabilité pour les 3 à 4 mois à venir. Ainsi, celui de l' Ain a été présenté en ce début de semaine. Si l' on subit un véritable hiver comme le précédent, le plan viabilité prendra tout son sens et sera très sollicité tout comme l' ont été les villes. Il faut dire que sur le précédent hiver le nombre de jours de chutes de neige en plaine a été dans une fourchette assez haute, pas moins de 28 pour le secteur d' Ambérieu; c' est un peu plus que l' hiver 2008-2009. A noter aussi qu' il fallait remonter à près de 25 ans en arrière pour retrouver des cumuls de neige aussi importants en plaine.
C 'est donc désormais et ce depuis 2007, le Conseil général qui est chargé de l’entretien des routes départementales et de leur viabilité en hiver. Il s' est substitué à la Direction Départementale de l' Equipement. En cas de neige et de verglas, les agences routières du Département se mobilisent ainsi quotidiennement pour rendre les routes praticables. Cette intervention de proximité permet la poursuite de l’activité économique et les déplacements de la vie quotidienne des habitants de l’Ain. Cette année, le Département a la volonté de garantir une qualité de service tenant compte de l’environnement, tout en limitant les coûts d’intervention.
Un dispositif complet a été mis en place pour garantir la sécurité de tous les automobilistes qui emprunteront les axes de notre département. L' Ain comporte 4450 km de routes. 130 agents sont mobilisés quotidiennement. Le département a déployé plus de 10 000 tonnes de bouillies de sel sur l' ensemble du réseau pour faire face ainsi au verglas et à la neige s' ils s' avèrent importants. Pour cette nouvelle saison, une réorganisation a été mise au point pour encore plus d' efficacité. Par exemple, une saleuse effectuera en moyenne un circuit de 35 km au lieu des 30 précédemment et en 3 h au lieu de 2h30 ( voir plus loin des infos complètes). On devrait tenir compte plus fortement de l' ampleur des évènements neigeux et en fonction des horaires.
Dispositif déjà activé en montagne
Alors que les premiers flocons ont fait leur apparition sur les hauteurs du département de l' Ain fin octobre, le dispositif vient tout juste d 'être activé en zone montagne, le 10 novembre dernier. Il le sera 15 jours plus tard pour la zone plaine soit dès le 25 novembre. Ainsi c' est sur l' ensemble de notre département que le service hivernal sera prêt. Cela pourrait ainsi tomber pile-poil avec la neige annoncée à très basse altitude et même jusque dans nos plaines la semaine à venir même si les choses peuvent encore changer; en tout cas il n' y aurait rien d' exceptionnel à voir la neige tomber jusqu' en plaine en cette période de l' année. Vu la configuration départementale, 2 zones bien distinctes ont été créées. Le plan en plaine est prévu pour durer jusqu' au 3 mars prochain et jusqu' au 31 mars pour la zone montagne. L' an passé, cela s' était achevé au tout début d' avril. Le début et la fin de la période d' activation des plans dépendent du risque auquel chaque département français est soumis. C' est à partir d' analyses de statistiques sur les 10 dernières années comptabilisant les épisodes de verglas et de neige qu' est établi la durée des plans hivernaux. Dans le massif des Alpes ou bien en Auvergne il est fort probable qu' il soit légèrement allongé par rapport à notre région. Ci-dessous les différents découpages dans l' Ain :
Campagnes de viabilité hivernale
Dates et zones
En plaine : du 25 novembre 2010 au 3 mars 2011
Agences routières concernées : Val-de-Saône - Bresse / Dombes -
Plaine de l’Ain / Bresse - Revermont pour les centres d’exploitation de
Bourg, Coligny et Tossiat.
En montagne : du 10 novembre 2010 au 31 mars 2011
Agences routières concernées : Bellegarde - Pays de Gex / Bas-
Bugey / Haut-Bugey / Bresse - Revermont pour les centres d’exploitation
de Cerdon et Simandre-sur-Suran.
Agences routières mobilisées
Les opérations de viabilité hivernale sont organisées dans chaque agence routière. Chacune d’elles connaît bien l’état du réseau grâce au suivi régulier des prévisions météorologiques et aux patrouilles locales. Ces patrouilles ont, en effet, pour objectif de constater les intempéries et leur incidence sur le réseau routier. En fonction de la météo et de l’état de la route, des
interventions sont déclenchées, rapidement, suivant des circuits prédéfinis.
5 niveaux de services suivant les priorités du réseau ont été définies :
Le réseau routier départemental est hiérarchisé en plusieurs niveaux de service de viabilité hivernale, déterminés en fonction, notamment, de l’intensité du trafic. A chaque niveau de service correspond un type d’intervention pendant la période de viabilité hivernale. Cinq niveaux de service ont été définis pour le département de l’Ain (de N1 à N5), N1 étant le niveau
le mieux traité et N5 correspondant aux routes non traitées (environ 80 km). Dans le niveau on retrouve les plus grands axes de notre département, à savoir les RD 1084 et RD 1075 entre Ambérieu et Bourg en Bresse. En N2 on retrouve les axes suivants : RD1504, 12, 19, 20, 36,65, 124, 904,et 984.
N1 : principaux itinéraires supportant un trafic journalier moyen supérieur à 10 000 véhicules par jour.
N2 : routes départementales dont le trafic est supérieur à 2 000 véhicules par jour ou routes départementales dont le trafic est compris entre 1 500 et 2 000 véhicules par jour et supportant des lignes régulières de transport en commun.
N3 : routes départementales dont le trafic est compris entre 1 500 et 2 000 véhicules par jour ou routes départementales dont le trafic est compris entre 1 000 et 1 500 véhicules par jour et supportant des lignes régulières de transport en commun ou routes départementales dont le trafic est inférieur à 1 500 véhicules par jour et desservant des activités économiques
(liaisons importantes domicile-travail) ou étant des accès aux stations de sports d’hiver.
N4 : routes départementales dont le trafic est inférieur à 1 500 véhicules par jour.
N5 : routes départementales supportant de ne pas être déneigées.
Optimisation des circuits
Cet hiver, le Conseil général de l’Ain réorganise les circuits de viabilité hivernale. Il a la volonté d’assurer un service optimum de circulation aux usagers de la route, tout en maîtrisant les coûts d’intervention. Les agents techniques du Département assureront désormais l’intégralité des interventions. D’autre part, le nombre de circuits des engins de salage et de déneigement sera réduit, mais les itinéraires seront rallongés. Dans ces conditions, une saleuse-déneigeuse effectuera un circuit de
35 km (au lieu de 30 km les années précédentes) en trois heures (au lieu de deux heures et- demie auparavant). Sur certaines routes départementales, le passage des engins pourra être moins fréquent en fonction de l’ampleur de l’épisode neigeux, en particulier si celui-ci survient en dehors des heures de pointe.
Usage modéré du sel de déneigement
Pour garantir de bonnes conditions de circulation, le sel de déneigement sera utilisé mais une attention particulière sera accordée à son usage modéré. Les dosages à épandre seront revus au plus juste pour respecter le milieu naturel car il est nocif pour l' environnement ( entre autres il pénètre jusqu' aux nappes ) et nos véhicules par la même occasion. Des techniques moins consommatrices en sel pourront être utilisées telles que la bouillie de sel. Ainsi, sur certaines routes secondaires, le Conseil Général de l' Ain prévient que malgré les interventions de viabilité, pourront subsister de fines couches de neige ne remettant pas en cause une circulation prudente des automobilistes.
Dans le domaine du déneigement routier, la bouillie de sel désigne un mélange de sel en grains et de saumure. Ce mélange est obtenu lors de l’épandage où les deux produits sont épandus simultanément. Il permet d'améliorer l'efficacité de l'action du sel dans la fonte de la glace.
Le sel en grains utilisé dans le salage des routes capte l’eau dont il a besoin pour agir. Il s’écoule donc un certain temps après son épandage pour qu’il passe en solution et devienne actif.
Pendant ce temps le verglas ou la neige subsiste sur la chaussée malgré l’apparence de sécurité donnée par le passage de la saleuse et une partie du sel répandu est éliminé par la circulation.
Par ailleurs, en dessous de -7/-8°C, la teneur en eau libre est trop faible pour amorcer convenablement le processus de fonte. A ces températures, l’action du sel en grains est donc stoppé de ce fait. Le sel dissous dans de l’eau sous forme de saumure agit instantanément. Mais la saumure répandue va se diluer rapidement par l’apport d’eau provenant de la fonte ou de l’humidité de l’air. Son action est donc limitée dans le temps. Les avantages des deux procédés sont ainsi conjugués et les défauts de chacun sont supprimés : la saumure attaque immédiatement la couche de glace ou de neige; au fur et à mesure de la dilution de la saumure, le sel en grains fond, maintenant une concentration suffisante de la saumure et prolongeant ainsi son efficacité; du fait de l’apport d’eau, le mélange reste efficace jusqu’à des températures ambiantes voisines 10/-12°C. De plus, la présence de la saumure améliore l’adhérence du sel en grains sur la surface de la chaussée et limite son évacuation par le trafic. On pourra donc réduire le dosage de sel en grains et diminuer ainsi le coût du salage à efficacité égale.