Réchauffement climatique dans l'Ain : ce n'est qu'un début !

Comme nous l’avions démontré dans notre enquête d’il y a au moins 3 ans, on constate que notre département de l’Ain se réchauffe au fil des décennies et ce n’est pas le récent coup de chaud bien précoce qui va faire pencher la balance dans le sens inverse. Et l’été d’une façon générale n’est pas en reste. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un œil sur le nombre de jours où la température maximale atteint et dépasse les 30° dans le département. Si la décennie 1971-1980 a connu pour le seul mois de juin 17 jours à plus de 30° et malgré une légère baisse les 2 décennies suivantes avec seulement 14 journées, la tendance est tout de même à la hausse depuis avec cette explosion sur la période 2001-2010 avec pas moins de 70 jours !. Sans connaitre une situation exceptionnelle comme en 2003 avec 23 journées très chaudes, ce mois de juin 2014 avec ces 3 records vieux de cet été historique qui viennent de tomber, a refait surgir l’idée d’un réchauffement climatique qui semble s’accentuer. Et ce n’est sûrement hélas pas fini, ne serait-ce qu’en consultant les différents scénarios établis par le GIEC jusqu’en 2080. Si dans les 15 prochaines années, on semble encore limiter le réchauffement, on ne peut pas en dire autant pour la suite où d’ici 70 ans le réchauffement climatique sera remarquable, compris entre 2 et 6,5° surtout quand on sait que sur des centaines de milliers d’années l’écart de température moyenne du globe entre une ère glaciaire et une ère interglaciaire n’est que de 4 à 6°. Les conséquences seraient donc non négligeables sur notre vie quotidienne, sur l’impact des glaciers, sur la faune et la flore. Toute la région Rhône Alpes sera touchée avec des degrés divers surtout sur le massif alpin. L’Ain n’échappera pas à la règle et pour un impact moins intense, il faudra plutôt vivre dans l’est que dans l’ouest du département.
Voici ce à quoi il faut s’attendre dans l’Ain pour les prochaines décennies si rien n’est fait pour inverser la tendance.
Horizon 2030 : la température moyenne évoluerait de manière uniforme sur notre département. A l’horizon 2030, c’est encore une augmentation raisonnable qui est modélisée, de l’ordre de 1 à 2°. La variation des températures minimales du printemps montre la même structure quelque soit le scénario et l’horizon considéré. D’ici 15 ans, la fourchette d’estimation de l’augmentation oscille entre un peu moins de 1°C à 1.5°C. La variation des températures minimales estivales montre une structure identique indépendamment du scénario pour les horizons 2030 et 2050: 1 à 1,5°. Pour les minis d’automne, à l’horizon 2030, la moyenne augmenterait partout entre 0.5 et 1.5°C. Idem pour les hivers . On perdrait 4 à 9 jours de précipitations annuelles mais une baisse significative en été ( jusqu’à 13 est envisagée). Pas de gros bouleversements dans la répartition du nombre de jours de très fortes précipitations, c’est à dire ceux dont le cumul quotidien des pluies atteint 20 mm. Cela resterait stable pour 2030. Côté nombre de jours de gel annuel, le recul pourrait aller de 18 à 25. Si on raisonne en pourcentage du nombre de jours de gel annuel de la période de référence, le résultat est tout autre : à l’horizon 2030, c’est environ 25 à 40% de baisse, un chiffre qui pour le gel printanier grimpe au-delà des 60 %. Le maximum annuel de jours secs consécutifs est en moyenne, sur la période 1971-2000, compris entre 20 et 24 dans la moitié nord de Rhône-Alpes et il devrait rester au final plutôt stable. La canicule est définie par le dépassement de seuils, fixés pour chaque département, de la température minimale (20°) et maximale (35°) pendant 3 jours consécutifs. On comptabilise alors 1 jour de canicule à l’heure actuelle. Ainsi, si ces seuils sont dépassés 5 jours consécutifs, on comptabilise 3 jours de canicule. A l’horizon 2030, le nombre de jours de canicule, inférieur à 1 en moyenne sur la période 1971-2000 reste inférieur à 4 dans le scénario le plus chaud. Mais ensuite cela s’emballe !..
Horizon 2050 : à cet horizon, l’augmentation de la température moyenne se poursuivrait pour totaliser près de 1,5° pour le scénario le plus bas à un peu plus de 2,5° pour le plus chaud. A horizon 2050, le scénario B1 ajoute 3 à 4 dixièmes supplémentaires par rapport à l’horizon 2030, alors que le scénario A2 ajoute entre 0.5 et 1°C en accentuant les écarts constatés ci-dessus. A l’horizon 2050, le scénario B1 montre une baisse des températures l’hiver par rapport à l’horizon 2030 :l’augmentation modélisée se situe entre 1 et 1.5°C. Les autres scénarios voient la poursuite de la hausse des températures et situent l’augmentation depuis la période de référence 1971-2000 entre 2 et 3°C. Le nombre de jours de fortes chaleurs (+35° ) augmenterait, entre 6 à 9 jours. On perdrait 2 à 8 jours de précipitations annuelles. La pluviométrie reculerait de près de 15% d’une manière générale. Pas de gros bouleversements dans la répartition du nombre de jours de très fortes précipitations, c’est à dire ceux dont le cumul quotidien des pluies atteint 20 mm. On pourrait perdre 1 voire 2 jours dans le département. Côté nombre de jours de gel annuel, le recul pourrait aller de 19 à 30 suivant les modèles prévisionnels. Le nombre de jours de canicule deviendrait quant à lui plus fréquent, compris entre 2 et 6 jours annuels.
Horizon 2080 : pas de stabilisation en vue pour la température moyenne puisque souvent les scénarios d’ici 2080 tablent sur une hausse comprise entre 2 et 5° !, une fourchette large qui tient compte ou pas d’une politique de réductions des émissions de gaz à effet de serre. Ainsi, les températures moyennes maximales atteintes à l’heure actuelle au sud de Montélimar se retrouveraient jusque dans l’Ain !. A l’horizon 2080 toujours, on mesurerait une moyenne des températures minimales printanières qui dépasserait la moyenne actuelle de 2 à 2.5°C . Pour les minimales estivales, à l’horizon 2080, l’augmentation minimale générale serait de 2 à 2.5°C selon le scénario B1 et dépasserait 4.5°C selon le scénario A2 dans lequel l’est du département montre une hausse de 5°C par rapport à la moyenne actuelle. Pour celles d’automne, la hausse irait jusqu’ à 3° tout comme celle de l’hiver. Pour les maximales estivales, la hausse d’ici 2080 ne cesse de s’amplifier et pourrait être de 6° en plaine et de jusqu’à 7° sur le Bugey par rapport à ce que l’on connait actuellement dans les scénarios les plus dramatiques, sinon ce serait une moyenne de 4° de hausse. Ce qui est déjà bien haut. Pour l’hiver, la hausse serait comprise entre 2 et 4°. Dans la période de référence 1971-2000, le nombre de jours de fortes chaleurs (où la température maximale dépasse 35°C) est en moyenne compris entre 0 et 1.5 . Mais depuis, cela a tendance à s’emballer comme on peut le découvrir sur la décennie 2001-2010 qui a explosé le nombre de jours avec des maximales dépassant la barre des 30°.L’augmentation du nombre de jours de fortes chaleurs jusqu’en 2100 est importante et à cette échéance et l’on pourrait en connaitre entre 10 et 22 par an régulièrement. On perdrait 11 à 18 jours de précipitations annuelles suivant les différents scénarios, soit près de 15 % du cumul annuel par rapport à nos jours. Toutes les saisons seraient plus ou moins touchées mais le plus remarquable concernerait la période estivale avec un recul des pluies de 25 à 30% contre 0 à 10 % au printemps. En hiver, le nombre de jours de pluie pourrait reculer de 20 sur la région de Bourg et jusqu’à 27 sur celle d’ Hauteville. Pas de gros bouleversements dans la répartition du nombre de jours de très fortes précipitations, c’est à dire ceux dont le cumul quotidien des pluies atteint 20 mm ( 0 sur la Bresse et la plaine du Bugey, -3 jours sur l’est du département). Côté nombre de jours de gel annuel, le recul pourrait aller de 26 à l’ouest et jusqu’à 37 à l’ouest annuellement. Le maximum annuel de jours secs consécutifs est en moyenne, sur la période 1971-2000, compris entre 20 et 24 dans l’Ain. En moyenne l’augmentation serait de 2.5 jours dans le val de Saône d’ici 2080.. Le nombre de jours de canicule prendrait d’importantes proportions. On pourrait en comptabiliser suivant les scénarios entre 6 pour le plus optimiste d’entre eux et jusqu’à 21 jours en plaine ( 15 à 16 pour la partie Est de l’Ain).
Le réchauffement dans l’Ain d’ici 2080 pour résumer : hausse modérée des températures minimales, forte sur les maximales. Précipitations plus ou moins stables pour le printemps surtout après 2050, en net recul pour l’été, nombre de jours de gel fort réduit aussi bien en plaine qu’en montagne et tout particulièrement au printemps, jours de canicule plus fréquents surtout après 2050, précipitations annuelles en recul de 10 à 15 %, occurrence des fortes pluies possiblement en progression mais le nombre de jours de pluies au-delà de 20 mm en recul. D’ici 2040, le climat de la plaine de l’Ain ressemblerait fort à celui de Montélimar.
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Et à quoi s'attendre au niveau régional ?
Au niveau régional, l’augmentation moyenne des températures pourra atteindre selon le scénario le plus pénalisant plus de 2° en 2030, plus de 3° en 2050 et plus de 5° en 2080. L’été sera la saison la plus exposée à ce réchauffement comme on le constate déjà même si le printemps augmente fortement également. A partir de 2080, la hausse sera aussi très ressentie sur l’hiver et ( +4°) et l’automne. Il faut aussi tenir compte des contrastes géographiques importants dans notre région le relief alpin connaîtra la hausse la plus sensible à court terme (jusqu’à + 2.1°C en été pour les Alpes) ; la plaine entre le Massif Central et les Alpes deviendra très sensible au échauffement à partir de 2050. Le réchauffement sera généralisé à l’horizon 2080. Sur la période de référence (1971-2000) ce nombre de jours est, en moyenne, inférieur à 2 sur une année dans l’ensemble de la région Rhône-Alpes. En 2080, le scénario B1 prévoit une moyenne de 4 jours de températures estivales maximales supérieures ou égales à 35°C pour la région Rhône-Alpes. Le scénario A1B envisage une influence chaude qui pourrait atteindre le nord de Rhône-Alpes, et avoir pour conséquence jusqu’à 9 jours de températures estivales maximales supérieures ou égales à 35°C dans cette zone. Le scénario A2, le plus pessimiste, prévoit jusqu’à 16 jours >=35°C dans les zones sensibles (sud Drôme-Ardèche). Les tendances simulées pour les précipitations doivent faire l’objet d’une interprétation prudente dans la région Rhône-Alpes. En effet, la confrontation des simulations varie d’un modèle à l’autre si bien que l’on est encore dans certains doutes. De part sa position intermédiaire en Europe, la région Rhône-Alpes se situe dans la zone de « divergence » des modèles pour toutes les saisons sauf l’été (où la limite, remontant vers le nord, permet d’avoir un accord des modèles sur le changement de signe). Cela signifie que des incertitudes importantes demeurent sur l’évolution du paramètre précipitation en Rhône-Alpes. Les simulations réalisées sur la zone Grand Sud-est pour l’étude MEDCIE montrent que le cumul annuel tend à diminuer sur toute cette zone: jusqu’à 300 mm sur la région Rhône-Alpes à l’horizon 2080.
En hiver, la baisse des précipitations « efficace s » (>= 10 mm par jour) est particulièrement significative (notamment sur le relief alpin : jusqu’à -8 jours en 2080). - Il en sera de même en été, avec 6 jours de moins de précipitations « efficaces » sur le relief alpin, et jusqu’à 1.50 mm/jour en moins en moyenne en 2080. - Au printemps, la région Rhône-Alpes sera la moins
touchée par la baisse des précipitations : la majeure partie du territoire devrait connaître une évolution constante par rapport au scénario de référence, et le relief pourrait connaître une hausse des précipitations. Le relief sera le plus concerné par la baisse des précipitations. - Le sud de la région sera le plus exposé à l’allongement des périodes sèches. - La Vallée du Rhône sera relativement moins concernée par la baisse des précipitations. Le réchauffement climatique aura un impact marqué en moyenne montagne et plus faible à haute altitude en hiver. En moyenne montagne, même une augmentation des précipitations ne suffirait pas à compenser l’augmentation de température. Dans le futur, la couverture neigeuse va diminuer en durée (de l’ordre de plusieurs semaines pour des altitudes proches de 1 500 m), en extension spatiale et en épaisseur. Les glaciers alpins sont globalement en récession depuis 1840 et cette récession s’est accélérée depuis les années 1980 (réchauffement estival). Pour des réchauffements de l’ordre +3°C au milieu du siècle à venir, la plupart des glaciers seraient très fortement réduits. Il ne resterait alors qu’une seule zone de glaciers significatifs dans le massif du Mont-Blanc. Aucune tendance n’est observée sur les dernières décennies concernant le nombre où l’intensité des tempêtes. Les projections effectuées jusqu’à présent ne suggèrent pas de modification du nombre ou de l’intensité des tempêtes pour le siècle à venir tout comme au sujet de l’impact des précipitations intenses connues en Méditerranée.
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Quelques valeurs remarquables de températures maximales élevées ou de températures minimales basses en plaine. La donne pourrait changer d'ici la fin du siècle !.
En Hiver
En janvier 1985, on descend à -23 °C à Saint Etienne (altitude 400m) alors qu’on y avait relevé -22,5°C en février 1956 ; en janvier 1985, au sud de la région, on descend tout de même à -14,5°C à Montboucher tout près de Montélimar.
En janvier 1971, on mesure -27°C à Grenoble St Geoirs , -25°C à Ambérieu, -19,1°C à Lyon Bron et plus au sud -12,6°C à Pierrelatte.
Mars 2005 est très froid avec -12,7°C dans la Drôme à Rochefort-Samson, -15°C dans la Loire à Boen sur Lignon de même qu’à la Mure sur Azergue dans le Rhône.
En été
En août 2003 (canicule), on relève 40,3°C à Ambérieu, 42,3°C à Aubenas et 47°C à Mirabel en Ardèche, 41,1°C à Montélimar, 41°C à la Côte St André en Isère, 40,8°C à Saint-Etienne, 40,5°C à Lyon-Bron, 40°C à Cran Gevrier en Haute-Savoie, 40° sur Albertville.
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Quelques valeurs remarquables de précipitations quotidiennes en plaine (altitude < 500m) :
Le 11 octobre 1988, dans la Drôme, on recueille 280 mm à Montboucher (altitude : 136m).
Le 4 octobre 1995, en Ardèche, on relève 316 mm à Barnas (altitude : 480m).
Le 14 février 1990, dans l’Ain, on mesure 139 mm à Belley (altitude 277m).
Le 25 septembre 1999, en Isère et en Haute-Savoie, on recueille 200mm à la Côte Saint André (altitude : 340m) et 120mm à Cran Gevrier (altitude 426m).
Le 12 novembre 1996, dans la Loire et le Rhône, on mesure près de 100mm à Lyon Saint Exupéry (altitude : 235m) et Saint Etienne (altitude : 400m).
Le 26 novembre 1983 en Savoie, on relève près de 100 mm à Ugine (altitude 425 m).
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Quelques hauteurs de neige remarquables en plaine en Rhône Alpes :
32 cm Ambérieu Le 12 janvier 1964
60 cm Montélimar Le 30 décembre 1970
33 cm Bron Le 31 décembre 1970
69 cm Grenoble Saint Geoirs Le 11 décembre 1990
28 cm St Etienne Bouthéon Le 7 janvier 1994
30 cm Montélimar Le 28 janvier 2008
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Quelques valeurs de vent fort :
Le 5 juillet 1993 à Montélimar (73m), on relève des rafales de près de 137 km/h.
Le 26 février 1997 à Lyon Saint Exupéry (235m), on mesure des rafales à près de 130
km/h. Mais c’est à Chambéry (235m) qu’on relève la plus forte valeur de notre région : en effet le 24 mars 1986, on mesure un vent à près de 173 km/h.